Le verger communal - le projet
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ORIGINE du PROJET

En 1985, par une délibération du 14 Février, le Conseil Municipal de Bourg Sous Châtelet décidait de l'acquisition d'une parcelle de terrain de 64 ares appartenant à la SAFER. Ce terrain est situé à l'entrée du village, en bordure de la RD 27 qui relie Saint-Germain à Anjoutey (voir plan).
Il est précisé dans la délibération que "cette acquisition est destinée à un terrain de loisir ". Dans l'année qui suit, quelques aménagements sommaires sont réalisés par les conseillers municipaux. Il s'agit de la pose d'une balançoire, de celle d'un but de football et de la création d'un terrain de boules. Il s'avère rapidement que ces installations seront peu utilisées, d'autant que la commune ne parvient pas à entretenir cet espace pour la pratique des activités prévues. Il ne restera comme seule utilisation de ce terrain que l'organisation annuelle des "Feux de la Saint Jean", les derniers se déroulant en 1998. De 1999 à 2001, la commune réalisera l'aménagement de l'entrée du village : pose d'une sculpture-fontaine, mise en place d'un abri-bus, d'une aire de pique-nique, d'un éco-point, installation d'un terrain de basket. Toutes ces installations sont en bordure de la route et limitrophes de l'espace du terrain de loisir, marquant davantage encore son état d'abandon. 

Recherche d’ une nouvelle affectation à ce terrain

Au cours du mandat électoral de 1995 à 2001, quelques propositions ont été formulées, envisagées, telles que l’implantation d’un lieu de repos pour personnes âgées ( l’environnement pourrait s’y prêter), implantation d’une école (en complément de celles de Saint Germain et d’Anjoutey). Ces projets ne sont pas vraiment envisageables pour l’instant. La volonté, manifestée en permanence par la population de Bourg, de conserver un village agréable à vivre, limite les ouvertures. La proposition d’une habitante du village consistant à aménager un verger « parce que dans cet espace des arbres fruitiers faisaient partie du paysage, et réhabiliter un verger c’est aussi investir pour nos enfants », a fait l’objet d’un débat du Conseil Municipal et a été retenu dans son principe par une délibération du 29 Janvier 2002.
Par ailleurs cette proposition peut être réalisée à un coût raisonnable et compatible avec le budget de la commune. Enfin l’aménagement sous cette forme, de cet espace situé à l’entrée du village, mais aussi à proximité d’espaces libres, pourrait être le point de départ d’une restructuration du village.

Environnement

Diagnostic et situation actuelle dans le département
A la demande des services de l’Etat, en particulier de la Direction Départementale de l’Equipement du Territoire, le Parc Régional des Ballons des Vosges a réalisé d’Octobre 2001 à Février 2002 une étude sur l’avenir des vergers. Cette étude « Quel avenir pour nos vergers ? », poursuivait un double objectif :
- De diagnostic : recenser les causes de la disparition des vergers (mécanismes économiques, urbanistiques, sociologiques,..)
- De proposition : pour la reconstitution des vergers en inventoriant les moyens contractuels et réglementaires à disposition des collectivités territoriales.

Extraits de l’étude « Quel avenir pour nos vergers ? »
« Le verger il y a 50 ans : (§ II 2.1)
La Franche-Comté possédait autrefois un patrimoine fruitier riche. Jusqu’au début du 20ème siècle, les arbres fruitiers occupaient une partie importante du sol. La plupart des familles vivaient presque en économie fermée et exploitaient leurs vergers. Chaque génération plantait pour les générations suivantes et les arbres étaient entretenus, renouvelés. Ces vergers se situent généralement à proximité des maisons, derrière ou entre les habitations. Ils sont de taille variable. Un même propriétaire peut avoir des vergers à différents endroits du village. Ils constituent ainsi une couronne arborée autour des villages, et à l’intérieur, ils alternent agréablement avec le bâti donnant une densité d’habitation tout à fait particulière.
L’arbre fruitier est un organisme végétal façonné par l’Homme qui lui donne sa variété par la greffe, son port par la taille. Ses produits vont également faire appel à un savoir faire local. »

« Evolution de la place des vergers : (§ II 2.4)
Par comparaison entre des photos aériennes anciennes de 1961 et l’ortho-photoplan de 1997, et entre les cartes postales anciennes avec les vues actuelles, on peut considérer l’évolution de la place des vergers.
Sur la commune de Le Puix-Gy, on s’aperçoit que la place des vergers est très liée avec l’économie. En effet, au début du siècle, les champs venaient très près des maisons, laissant très peu de place aux vergers. Puis avec l’essor de l’industrie, il y a eu les «ouvriers paysans» qui ont planté pour apporter des fruits à la famille. Les vieux vergers d’aujourd’hui ont des « racines » à cette époque.
Sur Auxelles-Haut, la situation est un peu différente car le paysage a beaucoup plus évolué avec un enfrichement progressif qui gagne le village. Les arbres fruitiers constituaient la végétation dominante dans le village. Ceux-ci sont nettement concurrencés par la friche.
Enfin sur Chaux, on voit plus l’impact de l’urbanisation qui a créé des quartiers avec un habitat plus dense qui laisse moins la place aux arbres fruitiers. »

« Sondage : Quelle perception des vergers aujourd’hui ? : (§II 2.2)
Le sondage est très encourageant, les gens sembleraient très sensibles aux vergers, les considèrent comme des éléments structurant du paysage et seraient prêts à planter des arbres pour participer au maintien d’ un patrimoine. Par contre, ils connaissent mal les variétés locales, et par extrapolation, on peut supposer qu’ils connaissent mal les techniques arboricoles. »

« Les causes de l’évolution des vergers §III
De multiples causes sont à l’origine de la disparition des vergers. En voici quelques-unes :

Conclusions
Les vergers font partie du patrimoine régional et départemental.
- Leur maintien et leur développement correspond à une demande forte de la part de la population.
- Les vergers de demain sont à inventer en composant avec ceux du passé et les besoins futurs.
- Ils permettront de conserver un savoir-faire, un savoir-vivre et une spécificité du paysage rural.


Le village

Historique
Bourg Sous Châtelet était, jusqu’au milieu du XXe S., une commune rurale composée essentiellement de petites fermes où vivaient des familles de « paysan-ouvrier ». Ces exploitations agricoles, où l’on trouvait basse-cour, potager, verger et quelques vaches, assuraient les besoins familiaux.
Dans les années 1950 on ne trouvait pas à Bourg de vergers très étendus mais les arbres fruitiers étaient omniprésents : le long des chemins, vers la forêt et vers le moulin, autour des maisons, prolongeant les potagers, isolés ou plantés en ligne au milieu des prés. Etaient particulièrement répandus des cerisiers de très haute taille, portant de petits fruits très sucrés, et des prunelliers. Venaient ensuite pommiers, poiriers, autres cerisiers dont quelques griottiers, noyers, pruniers(Quetsche),... Les fruits étaient destinés, pour la plupart, à la distillation. Dans l’ensemble on ne trouvait, pour chaque espèce, qu’assez peu de variétés.
Après 1950 les fermes ont été remplacées par des résidences, les vergers ont peu à peu disparus ou ont été abandonnés, selon un processus général que l’on retrouve un peu partout dans le Pays Sous Vosgien.

Les objectifs

Ils consiteront à :
- Participer à la conservation du patrimoine paysager.
- Créer un lieu de rencontre, festif et pédagogique.
- Valoriser un espace non constructible.

Le projet restera suffisamment ouvert pour permettre de s’adapter à la demande des habitants de la commune. Le savoir faire, la réhabilitation des variétés, l’aspect esthétique de l’ensemble seront des pistes à développer. La participation des habitants devrait être un élément déterminant pour assurer la pérennité du projet.

Situation

Références cadastrales : Parcelles 256 et 258 Section B (8a05 + 46a38).
Le terrain permettant de créer ce verger se trouve à l’entrée du village. Il jouxte un espace communal actuellement occupé par l’Eco-Point, un terrain de sport, l’abri bus, table et bancs pour pique-nique, en un mot un ensemble de services vers lesquels se rendent fréquemment les habitants de Bourg Sous Châtelet. Néanmoins environ 50 ares restent disponibles pour la mise en œuvre de ce projet.

Partenaires

Les partenaires rencontrés à ce jour nous ont permis de mieux cadrer le projet et ont répondu à nos interrogations, chacun pour leur part et leurs compétences :
- Le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges (PNRBV)
- Le Lycée Agricole de Valdoie
- La DDE, la DDAF
- L’Association des Croqueurs de pommes
- L’Association « Mon Châtelet »

Pour marquer le caractère communal du projet vis à vis des habitants, il ne nous semble pas opportun d’étendre ce projet au niveau de la Communauté de Communes du Pays Sous Vosgien. Mais il sera gardé à l’esprit que le verger peut permettre de remplir un rôle pédagogique au delà de la commune et un attrait touristique à l’échelle du Pays Sous Vosgien.

Financements

Le financement de ce projet sera assuré par les fonds propres de la Commune, ainsi que par les subventions qui pourront être accordées par le Conseil Général, Mme, Mr le Député, Mr le Sénateur, les subventions apportées par d’autres organismes. Ce projet s’inscrit de par sa nature et la situation de Bourg Sous Châtelet dans le cadre d’un dossier suivi par le PNRBV. Voir dans la description du projet le détail du financement.

Remerciements

Les schémas ci-après sont les fruits du travail de Mr Franck Eustache, enseignant au Lycée Enseignement Professionnel Agricole de Valdoie. Ils nous ont permis en particulier de présenter aux habitants de Bourg Sous Châtelet l’esquisse d’un projet de réalisation du verger. Enfin nous remercions les représentantes de la DDE, en l’occurrence Mmes Valérie Money et Minvielle, paysagiste conseil et Mr Gagéa pour leur patience devant nos hésitations, leur présence et leur aide efficace.

Description du PROJET

Précision sur les objectifs
Un verger conservatoire créé il y a quinze ans environ se situe à Etueffont, petite commune proche de Bourg. Il nous apparaît souhaitable de ne pas concurrencer ce verger existant, mais plutôt de concevoir un projet complémentaire . Aussi nous privilégierons la piste pédagogique. Par ailleurs les disponibilités financières de la commune ne permettent pas de réaliser un projet d’envergure, il faudra solliciter l’aide des habitants et, bien sûr, l’aide financière des différents partenaires.
Enfin, à l’autre entrée du village existe un parc privé, « La Roseraie du Châtelet », qui apporte au paysage une note esthétique dont il conviendra de tenir compte.

Implantation
1) Les arbres
Pour déterminer les choix à faire pour l’implantation du terrain, en espèces d’arbres fruitiers mais aussi dans l’organisation de l’espace du verger, il faudra tenir compte de la ligne directrice que l’on s’est fixée : le verger que l’on veut créer n’a pas d’objectif de productivité mais en priorité un aspect pédagogique.
En conséquence il sera réservé un espace pépinière qui permettra de réaliser des démonstrations de greffes, taille de formation, etc.. Par ailleurs lors de l’implantation initiale on réservera quelques places à de jeunes plans, ce qui permettra là encore d’observer l’évolution de la croissance, et aussi d’apprendre à réaliser les gestes courant de l’entretien.
Par ailleurs il serait souhaitable de réserver une part importante à l’implantation de variété locales, soit avec des plants déjà formés, soit en mettant en place des portes-greffes. L’aide et la compétence des Croqueurs de Pommes, mais aussi du LEPA de Valdoie seront sollicitées. Pour faciliter ces travaux on formera des arbres de type « gobelets ».
Quant au choix des espèces, on s’en tiendra aux espèces habituellement présentes dans les vergers du paysage Sous-Vosgien. C’est à dire essentiellement des pommiers, cerisiers, poiriers. Il serait bon de compléter cette liste par un ou deux cognassiers, et le lieu étant assez humide, un noyer.

2) Le terrain
Le terrain est situé au bas d’un coteau occupé par des champs, il est plat, il récolte les eaux de ruissellement. Une première opération a été effectuée, consistant à le drainer sur son pourtour. Cette réalisation a permis de vérifier qu’on peut obtenir un terrain convenable. Malgré cela, il est souhaitable de modeler le terrain de telle sorte que les arbres soient légèrement surélevés (voir schéma) en les positionnant en lignes pour permettre un drainage dans les sillons intermédiaire. Cette disposition facilite l’entretien par ailleurs. Réserver un espace « pépinière », d’ environ 25m de long sur 2m de large.
L’animation qui peut être envisagée autour du verger prendra au moins deux formes :
- Une forme pédagogique, déjà évoquée, qui s’adressera aussi bien aux écoliers qu’ aux adultes.
- Une forme plutôt festive, telle que organisation d’une journée d’entretien, d’une journée de cueillette, etc … En conséquence il est nécessaire de conserver un espace libre (environ 10 ares) pour permettre de réaliser ces activités.

Les travaux à réaliser
1 )Les arbres
Il a été envisagé de mettre en place 28 arbres, et parmi ceux-ci quelques portes-greffe, la mise en place de ces arbres sera réalisée en régie. C’est là la première leçon ! Il faudra donc investir dans l’achat des outils nécessaires.

2) Le terrain
La première réalisation consiste à modeler le terrain de telle sorte qu’on puisse mettre en place un drainage optimum et ceci au moindre coût. Pour cela, si l’on tient compte de la déclivité du terrain il faudra réaliser quatre lignes de plantation entre lesquelles pourront être positionnés les drains. Ces lignes seront espacées de 10 mètres environ.(voir schéma).
Les analyses réalisées montrent qu’il est nécessaire d’ apporter un amendement.


Calendrier de mise en œuvre du projet
Premier semestre 2002 :
- Rédaction du projet définitif
Deuxième semestre 2002
- Recherche de financements
- Réflexions sur l’intégration du verger dans un développement durable et raisonné de l espace
Premier Semestre 2003
- Poursuite de la réflexion et des recherche de financements
Deuxième trimestre 2003
- Réalisation des travaux d’infrastructure (drainage - mise en forme du terrain – Préparation plantation - Premières Plantations)
Premier semestre 2004
- Poursuite des plantations préparation de la pépinière, mise en place des arbres greffés par les soins des Croqueurs de Pommes)
- Durant l’année 2004 pourrait être organisées des rencontres avec les scolaires, et une petite fête à la suite d’une présentation de la taille des arbres fruitiers par les Croqueurs de Pommes.