Rachel HENRIOT : "Les larmes de la reine"

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L'artiste

  Née le 21 mars 1976 à Dijon

Adresse :
Rachel HENRIOT
13, Rempart Tivoli
21000 DIJON

Tél./fax. : 03 80 49 97 50
email : henriot.rachel @ neuf.fr


Formation

Etudes de danse et de violon, Conservatoire national de région Dijon.
Obtention d'une Maîtrise d'arts plastiques et d'un DEA Arts,
Faculté des Sciences Humaines à Strasbourg.
Première exposition personnelle en 1996.
Vit et travaille à Dijon.

Expériences et travaux récents

Sélection 2005
- Sélection et projection de "Convulsion" au Festival International Vidéoformes à Clermont-Ferrand
- Installation vidéo "Trans" au collège A. Malraux à Dijon
- Exposition monographique "Code zéro...", château de Linardié à Senouillac (Tarn) dans le cadre du Forum de l'Image à Toulouse.

L'oeuvre : "Les larmes de la reine"

Avec ce que l’on nomme encore les nouveaux outils de la création, je noue des liens entre les lieux, les personnes et l’histoire par une installation vidéo, photographique, sonore et olfactive. Je donne un sens contemporain à cette petite chapelle édifiée par Adélaïde Grisez depuis plus de 120 ans et acquise par la commune de Lachapelle-sous-Rougemont en mars 2000. Très affectée par la mort de son père Simon, elle avait promis en apprenant la maladie grave de son mari Jean-Baptiste de faire construire une petite chapelle s’il guérissait. Malgré la mort de son époux en 1875 à l’âge de quarante cinq ans, elle réalisa son voeu.

Au fil de mes pas, de mes rencontres, je collecte des images autour du thème du lien amoureux, de la disparition et de la volonté de renouer avec l’histoire de ce lieu. Les associations, les confrontations, les distorsions d'image expérimentent la mémoire du regard, les distances dans le temps où certains détails évoquent “la partie pour le tout”.



Au centre de la chapelle, j’ai construit un puits avec son fermoir suspendu. En se penchant au-dessus, on découvre dans ce réceptacle une vidéo qui reçoit des ondes, telles des larmes qui tombent dans l’image. Le déroulement donne à voir des fragments, des souvenirs vivaces de l’être aimé recueillis chez des femmes, des détails de photographie et d’objet, des traces ici ou là qui marquent de manière indéfectible le lien amoureux quotidien et la présence de l’être cher. Dans une pratique d’un va et vient entre ex-voto, objet, portrait, paysage, l’image désigne un processus et non un état figé et définitif. Le son, dans la résonance profonde du puits, est un voyage à l’intérieur du corps : des voix, des bruits d’eau, des soupirs, des frottements et un battement de coeur.



 
 Autour du puits, sur trois murs sont disposées huit photographies dans des caissons lumineux qui rappellent les ex-voto anatomiques où on trouvait pèle-mêle des bras, des jambes, ... mais aussi des coeurs. Ces huit icônes, coeurs conducteurs où l’imaginaire peut s’engouffrer, accompagnent l’installation vidéo et sonore sur le lien amoureux.


Au-delà du libre jeu de l’interprétation de l’oeil et de l’esprit auquel nous invite cette création, j’interroge les modes de fabrication, de transformation et de perception des images. En opérant sur la contamination de la photographie et de la vidéo, sur leur manipulation numérique, je me situe dans un processus d’évolution, sans identité fixe, sans lieu propre, dans un hors temps, un entre-deux qui constitue l’état même de ma création. Je mets en scène triplement le destin du corps de l’oeuvre et de l’image. Tout en effet est de l’ordre du déplacement, de la circulation, de l'hybridation et de la transitivité pour mieux coller à une perception globale et à la réalité mouvante des faits. "Nous entrons dans un monde où il n'y aura non pas une mais deux réalités : la réelle et la virtuelle". (Paul Virilio)

Situation : Chemin d'art n°4, emplacement 25

Les photos sont de Rachel Henriot