Exploitation des registres
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Les Archives Départementales - Comment débuter -

Historique

L'utilisation d'un patronyme date du moyen-âge (13°-14°siècle) et l'enregistrement systématique des actes de baptème, mariage et enterrements ne semble pas avoir commencé avant le 14° siècle.
1539 : ordonnance de Villers-Cotterêts. Obligation est faite aux curés du Royaume de tenir un registre des baptèmes, mariages et sépultures.
Avril 1667 puis 9 avril 1736 : déclaration instituant la tenue des registres en double et leur dépôt en deux lieux séparés (paroisse et greffe du baillage)
20 septembre 1792 : décret confiant au pouvoir civil communal la tenue des registres de naissances, mariages et décés. Le maire est officier de l'état-civil.
17 juin 1796 : institution de l'état civil dans les départements français en Belgique.
1897 - report en marge (mention marginale) de l'acte de naissance des conditions du mariage ou divorce.
1922 - introduction de la date de naissance des parents dans les actes de naissance des enfants.
1945 - mention marginale de l'acte de naissance des dates et lieux de décés et autres modifications de l'état-civil.

Les registres paroissiaux

Appelés aussi "registres de catholicité" car il ne concernent que les adeptes de la religion catholique. Il est rare d'en rencontrer datant d'avant 1600 car l'exemplaire unique des époques antérieures a dû traverser l'histoire en évitant les rongeurs, les insectes, les incendies, les pillages, l'humidité et surtout l'indifférence. Ils contiennent les actes de baptèmes, mariages et sépultures d'où l'abréviation de BMS.
Dans les premiers temps les actes sont très laconiques et souvent de peu d'utilité pour le chercheur qui ne peut s'en servir pour remonter à la génération précédente à cause des homonymes portant le même prénom. Exemple :
"Le 10 mai j'ai enterré Jean Meunier"
"Le 26 juin j'ai enterré Jean Meunier"
En l'absence de toute autre indication (âge du défunt, sobriquet ou nom de son épouse) il sera très difficile d'identifier l'un et l'autre défunt. Toutefois l'acte sera noté pour exploitation future au travers d'autres sources (archives notariales...).
Par rapport aux registres de l'Etat-Civil les registres paroissiaux ont les particularités suivantes:
- Les actes concernent les sacrements de baptêmes, mariages et sépultures (BMS) il peut y avoir quelques jours de décalage entre la date de naissance et celle du baptême, celle du décès et celle de l'enterrement. Il est souhaitable de faire la distinction entre ces dates civiles et religieuses.
- La structure des actes est très variable et dépend du curé, de la région, de l'époque... On passera plus de temps à déchiffrer les actes pour retrouver la date, les noms, les liens de parenté que dans l'Etat Civil. Il faut souvent lire attentivement la totalité de l'acte pour être sûr de ne pas se tromper.
- La date est parfois exprimée sous une forme du genre "dix 9bre mil sept cent septante" pour 10/11/1770 ou "ce jour d'hui premier de mars de la même année". Une attention particulière est nécessaire.
- Les renseignements sont parfois très vagues, le curé se comprenait et n'envisageait pas d'être relu trois siècles plus tard. On rencontre des phrases du genre "...ce jour d'hui j'ai baptisé un garçon à Jean DUPONT le jeune..." quel Jean DUPONT ? Quel prénom pour le garçon ?
- L'écriture des actes est de lisibilité très irrégulière, on s'est à peine habitué à la calligraphie d'un curé qu'il est remplacé par un autre. Là encore il faut être très vigilant dans la recopie des noms propres. L'état de conservation des registres est parfois désastreux, encre pâle ou ayant traversé la feuille, papier attaqué par les souris ou les insectes...
- L'orthographe des noms propres est très variable, on écrit souvent comme ça se prononce : "POTY" pour "POTIER", "PIOT" ou "PILLOT" ou "PILEAU". Il faut rester prudent en rectifiant l'orthographe, on peut rencontrer des familles "VIGNOL" et "VIGNOT" cohabiter dans la même commune sans rien avoir de commun. Des erreurs sont fréquentes, une femme peut être enterrée sous le nom de son mari au lieu de son nom de jeune fille.
- Le prénom d'un individu peut varier au cours de sa vie : né Jean Pierre il peut se marier Pierre et être "ensépulturé" Jean (quand ce n'est pas Joseph !) ". On découvre des prénoms complètement oublié : Alixon, Alison, Alix, Alexisse, Scolastique, Léonarde, Pontian, Poncelet, Poncette, Bonne...
- Il est fréquent de donner à un enfant le prénom d'un de ses frères ou soeur, simplement parce que l'on donne systématiquement le prénom du parrain ou de la marraine. On peut trouver ainsi dans la même famille trois Jean DUPONT : le père et deux de ses fils. Il faut alors les numéroter et rester vigilant.

La difficulté de lecture peut provenir :
- de la qualité du microfilm qui peut avoir été rayé
- de la qualité du lecteur de microfilm qui ne permet pas un grossissement suffisant.
- de l'écriture du curé, très variable selon les individus.
- de la formulation non standardisée de l'acte.
- de l'encre qui pâlit et de la qualité de la plume
- du papier qui a laissé traverser le texte situé au verso.
- des trous et déchirures du papier.
- de l'usage d'une langue différente du français (latin, dialecte régional...).
En outre on peut tomber sur des noms propres difficiles à déchiffrer ou ortographiés de façon originale.
Les registres paroissiaux contiennent également des récits étrangers à la généalogie, comme le récit d'une visite de l'évêque ou du baptème de cloches, d'une catastrophe naturelle (orage, inondation, acte de guerre...), de notes personnelles au curé (dettes et prêts...). On y trouve aussi des actes de fiançailles, des bans, des listes de confirmations.
Les tables. Avant de se lancer dans l'exploitation des bobines de microfilms on aura intérêt à demander s'il existe des tables donnant la liste des actes ou encore des dépouillements effectués par les membres du cercle généalogique local. Dans tous les cas on retournera au document d'origine pour en obtenir une copie ou du moins vérifier les données dépouillées. Malgré leur compétence et leur sérieux, les bénévoles qui se sont chargés des dépouillements ne sont pas à l'abri d'une erreur ou d'un oubli.
A partir de 1700 les chances de disposer des deux registres augmentent : l'original (minute) et la copie. En cas de difficulté majeure on peut essayer de comparer les deux versions d'un acte. Les registres physiques ne sont qu'exceptionnellement communiqués.
Les guides édités par les dépôts d'archives départementales donnent de précieuses indications sur les collections de registres et les périodes couvertes. On y trouve également l'historique de la paroisse. Un même lieu peut avoir changé de paroisse au cours du temps.
Il peut arriver qu'un acte soit inscrit dans le registre de la paroisse voisine parce que le curé servait plusieurs paroisses.
En règle générale le mariage s'effectue dans la paroisse de résidence de la mariée, qui peut ne pas être celle de sa naissance.
Le lieu de décés d'un parent peut être celui de résidence d'un de ses enfants qui l'aura recueilli.
Le lieu de naissance du premier enfant peut être celui des parents de la mère de l'enfant alors que les enfants suivants naîtront dans la maison conjugale, la jeune mère ayant bénéficié de l'aide de sa propre mère.
Les indications concernant les parrains et marraines penvent être très intéressantes surtout si ceux-ci appartiennent à la famille de l'enfant.