Débuter des recherches généalogiques
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Il n'existe pas une méthode unique et infaillible pour entreprendre la recherche de ses ancêtres mais une foule de petites règles et conseils qui éviteront au chercheur débutant de perdre du temps, de l'argent et qui surtout garantiront la fiabilité et la qualité des données recueillies.

Sommaire de la page :

Généalogie ascendante

Généalogie descendante
Première étape
La fiche individuelle
Choisir une solution informatique
Les sources de données
La pratique de l'Etat Civil
La pratique des Registres Paroissiaux
Autres sources
Organisation personnelle
La généalogie mène à tout
Les associations



On distingue deux formes de présentation des informations recueillies : l'arbre généalogique descendant et l'arbre ascendant. Il n'est guère possible de représenter sur le même arbre les descendants et les ascendants, sauf pour un seul individu.

Généalogie ascendante

Qu'un individu soit enfant légitime, naturel, abandonné ou ait été élevé par des parents divorcés il y a une certitude : il a eu deux parents, quatre grand-parents, huit arrière-grands-parents... Cette évidence étant posée on voit qu'on peut prévoir à coup sûr le nombre d'ancêtres en fonction de la génération considérée. On pourra donc établir un graphique qui permettra de se représenter ses origines. On commence généralement les recherches par une généalogie ascendante basée sur le patronyme en essayant de remonter très vite le plus haut possible, mettons jusqu'à la Révolution française. C'est un exercice assez facile pour la plupart des citoyens d'origine française. On aboutit ainsi à un ancêtre à l'origine du nom. Bien sûr, rien n'empêche de chasser plusieurs lièvres à la fois en essayant de remonter dans le temps génération par génération ; on peut ainsi gagner du temps, en particulier pour les branches qui se sont développées dans le même secteur géographique.

Généalogie descendante

Supposons qu'après avoir identifié un ancêtre on envisage de faire l'inventaire complet de tous ses descendants et d'en représenter graphiquement les relations : on obtient aussi un arbre ou une liste arborescente. Différence notable avec l'arbre généalogique ascendant : on ne peut prévoir le nombre d'éléments puisqu'un même couple peut avoir de 0 à n enfants. Il arrive maintenant assez souvent qu'un même parent ait des enfants avec plusieurs conjoints, parfois simultanément ! La représentation est faisable mais devient un peu plus compliquée. C'est là que l'ordinateur peut rendre de grands services. Nous en parlerons plus loin. Chaque individu peut être numéroté avec la méthode d'Aboville.


Première étape

Il ne s'agit pas de se précipiter à Salt Lake City, espérons que ce ne sera jamais nécessaire. La première étape consiste à rassembler, sauvegarder et identifier tous les documents familiaux disponibles :
- écrits : lettres, actes notariés, papiers d'identité, livrets de famille, journal intime, collection de faire-part, mémoires...
- photographies, vidéos, films...
- enregistrements sonores...
- témoignages, souvenirs, entretiens
On ne prendra jamais assez de notes, elles ne seront jamais trop précises. Une photo représentant des personnages que l'on ne peut plus identifier n'a pratiquement plus de valeur. Il ne faut pas attendre que la tante ou le grand-père soit malvoyant ou décédé pour lui demander de nommer les individus d'une photo, dater ladite photo... Il en est de même pour les films, cassettes audio...
Une règle vitale concernant les témoignages et souvenirs : toujours les affecter d'un coefficient de fiabilité inférieur à 100% ! Essayer de recouper les informations entre elles et de diversifier les sources. Il ne faut jamais remettre à plus tard les interrogatoires ou les séances d'identifications à effectuer avec ceux qui restent.
Proverbe à méditer : "un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle"
Penser à dupliquer les documents, sous leur forme propre. L'archivage électronique peut être un complément, surtout pas une référence : il y a 99 chances sur 100 que les photos numériques de 2001 ne seront plus utilisables en 2021 sous formes de fichiers (même sur CD bien rangé), quant aux photos tirées à l'imprimante-jet d'encre, comment vieilliront-elles ?

La fiche individuelle

Comme on s'intéresse aux individus, il va bien falloir les mettre en fiches. Il n'est pas nécessaire d'avoir un ordinateur pour cela, des fiches bristols quadrillées de format A5 peuvent suffire pour commencer (et même pour continuer, les généalogistes existaient déjà bien avant les PC, et certains archivaient des dizaines de milliers de fiches cartonnées).
On notera au minimum :
- NOM (de jeune fille pour les dames) : en Majuscules
- Prénoms (tous) en cas d'homonymes, très fréquents, ajouter un numéro et le sobriquet s'il est connu.
- Nom et prénoms du père ou numéro de la fiche du père
- Nom et prénoms de la mère ou numéro de la fiche de la mère
- Nom et prénoms de chaque enfant ou numéro de sa fiche
- Nom et prénoms de chaque conjoint ou numéro de sa fiche
- Date (JJ/MM/AAAA) et lieu (précis) de naissance
- Date (JJ/MM/AAAA) et lieu (précis) de chaque mariage et divorce
- Date (JJ/MM/AAAA) et lieu (précis) de décès
- Profession
- Référence du ou des documents ayant servi à créer la fiche (livret de famille, registre...)

Choisir une solution informatique

Il faut reconnaître que l'ordinateur facilite énormément le travail. Mais ce n'est qu'un simple outil et il importe de faire le bon choix.
- Le matériel : un portable est bien pratique, surtout pour faire de la saisie ou des recherches en direct dans les dépôts d'archives. Inconvénients : le prix, l'écran, le clavier, la souris.
- Le logiciel : choix difficile. Il importe de se renseigner auprès des utilisateurs (nombre de fiches maxi, bogues, import/export de données, ressources nécessaires, états, requêtes...) mais surtout il importe d'essayer avant de se lancer. Changer de logiciel par la suite n'est pas une mince affaire. L'opération est presque aussi délicate que de choisir (?) son conjoint. Le logiciel le plus performant et puissant n'est pas obligatoirement le meilleur. Chronométrer le temps nécessaire à la saisie d'une fiche avec chacun des logiciels testés est un bon test.
Un arbre de 700 ascendants n'est pas exceptionnel, ce qui implique 3000 ou 4000 fiches en comptant les collatéraux.
L'utilisation d'un tableur n'est peut-être pas une mauvaise chose car il est fort probable que l'on pourra reconvertir par la suite le fichier à une nouvelle version du tableur (Excel 97 reconnaît les fichiers de Excel 95) alors que la base de données du logiciel Généatruc ne sera peut être plus utilisable si ce logiciel disparaît du marché. Un des inconvénients du tableur : il ne tracera jamais de jolis arbres comme savent le faire la plupart des logiciels de généalogie.

Les sources de données

On a évoqué les documents familiaux, ils permettront de remonter rapidement de 120 ou 130 ans. C'est assez pour passer le no man's land réglementaire des 100 ans. Au delà de 100 ans les archives de l'Etat Civil sont accessibles au public ; ce qui veut dire que pour retrouver les actes de naissance, mariage et décès (NMD) d'un individu né, marié ou décédé au dix-neuvième siècle il suffira de se rendre dans la mairie concernée ou dans le dépôt des archives départementales du lieu.
- La mairie. Avantages : plus conviviale si la mairie est petite et si la (ou le) secrétaire ou le maire sont accueillants. Inconvénients : il n'est pas sûr que tous les registres de l'Etat Civil y soient disponibles et qu'elle soit ouverte au public plus de 2 heures par semaine. En outre il ne sera pas possible de passer d'une commune à l'autre sans se déplacer.
- Les archives départementales. C'est l'Administration avec ses règles parfois rigides et arbitraires. En général on ne peut consulter que les microfilms (parfois des photocopies). Il n'y a pas toujours assez de lecteurs de microfilms. Avantages : on y trouve du personnel compétent, tous les documents consultables du département sont sur place, on trouve en rayon des livres et publications, on y fait des rencontres parfois très intéressantes parmi les autres usagers. Voir Exploitation des registres.
Attention : les microfilms ont été constitués en mettant l'un derrière l'autre les registres. L'ordre chronologique n'est pas toujours respecté. On trouve parfois deux fois la même chose.

La pratique de l'Etat Civil

"L'an mil huit cent cinquante sept...
Mois d'Avril à six heures du matin...
Nous Jean Rémy fils, Maire...
de l'état civil de la commune de Fres..."

La médiocre qualité de la reproduction ci-contre est due à la forte compression subie par l'image.
La lecture des actes de l'Etat Civil ne nécessite pas de connaissances particulières, les actes sont structurés avec rigueur et très bien écrits, en outre il existe des tables annuelles et décennales qui facilitent les recherches. Il est rare que des registres de l'Etat Civil manquent, sauf à Paris ou dans les régions ayant subis des bombardements lors de la dernière guerre.
Exemple
On sait que l'individu recherché François ALESSANDRE, veuf de Marie CASTEL, est mort en 1940 à l'âge de 80 ans environ et qu'il était né à Villard dans l'Isère.
Premier problème : il y a 6 ou 7 Villard dans l'Isère. La carte Michelin couvrant le département permettra de faire un premier tri.
Une soustraction permet de calculer l'année approximative de naissance : 1860. La table décennale de Villard-de-Lans couvrant les années 1853-1862 permet de trouver Jean François ALEXANDRE, né le 3 juillet 1858 et François Pierre ALEXANDRE, son frère, né le 10 septembre 1861. Pour lever le doute, il faudra chercher son acte de mariage avec Marie Jeanne CASTEL (ou Jeanne Marie ?) à partir de 1875-1876.
L'acte de mariage donne non seulement les noms et prénoms des parents des mariés mais aussi leur âge et parfois les noms des grand-parents. On relèvera aussi soigneusement le nom des témoins, leurs professions, leur origine...
Pendant qu'on tient le registre on relèvera tous les actes de naissances de chaque enfant du couple ALEXANDRE en partant de 1858 jusqu'à la date de mariage du couple (retrouvée facilement dans les tables décennales). Tout est "facile" si les tables (et les registres) n'ont été ni détruites, ni égarées, ni abîmées...Voir Exploitation des registres.

La pratique des Registres Paroissiaux

"L'an mil six cent quattre vingt et dix le vingt neufièsme du mois de janvier, Piere Braconié agé de trente trois ans a espousé Catherine Poullet agée de vingt trois ans..."


Les rayures horizontales sont celles du microfilm ayant servi à la reproduction.

En dépouillant l'Etat Civil on se sera un peu habitué aux différentes formes d'écriture et à des documents de qualité diminuant au fur et à mesure que l'on remonte dans le temps. Cette expérience ne sera pas de trop pour aborder les RP.
Voir Exploitation des registres.

Autres sources

Il n'y a pas que l'EC et les RP, on peut aussi trouver des renseignements intéressants dans les cimetières, annuaires d'anciens élèves, listes, tables ... (voir livres et revues de généalogie).
Les archives des notaires (quand elles ont été déposées) sont très intéressantes pour compléter les recherches ou se substituer à des RP disparus. Ce sont aussi des sources d'informations très utiles pour se faire une idée du mode de vie de nos ancêtres aux travers des inventaires, successions, actes de ventes, contrats...
Le Minitel peut être une aide précieuse (et coûteuse). Certains serveurs permettent d'accèder à plusieurs millions d'actes. Ce système de recherche peut être une solution incontournable lorsqu'on est vraiment coincés mais il enlève une grande partie du plaisir de la recherche. Il en est de même pour Internet (voir page les Liens), bien qu'on n'y trouve que très peu de choses pour l'instant. De toutes façons il faut ressortir l'acte original pour vérifier et recueillir des renseignements complèmentaires (signatures, témoins...)

Organisation personnelle

Il n'y a pas de méthode miracle mais une bonne organisation est indispensable. Au début tout est simple, on a bonne mémoire et peu de documents. En quelques années on se retrouve avec 30 centimètres de notes, photocopie de registres, tableaux, arbres, fiches... absolument ingèrables s'il ne sont pas classés et ordonnés. On peut essayer les systèmes suivants.
Journal de recherche : dans un cahier épais ou registre cartonné aux pages numérotées, noter toutes les recherches effectuées, au jour le jour, avec :
- date,
- lieu du dépôt d'archives,
- référence des documents consultés (numéro du microfilm, cote...),
- années dépouillées,
- patronymes recherchés ou repérées,
Et bien sûr tout renseignement supposé utile sur le moment ou pour l'avenir.
Dépouillement :
Les actes intéressants seront recopiés sur des feuilles vierges ou sur des formulaires comportant les principaux renseignements. Les plus importants seront photocopiés à l'aide d'un lecteur-reproducteur de microfilm si la salle de lecture en comporte de disponibles. Le prix des copies de microfilms varie entre 0,3 et 1 euro la feuille, seuls les chercheurs fortunés ou prodigues peuvent collectionner une copie de chacun des actes de leurs ancêtres. Ces copies peuvent être extrêmement utiles pour identifier les témoins homonymes d'actes différents au travers de leurs signatures.
Chaque feuille de relevé, copie, document... devra être numéroté pour être reclassé facilement mais aussi pour servir de référence sur les fiches individuelles cartonnées ou informatiques. Lorsque l'on consulte une fiche quelconque on doit pouvoir retrouver facilement le document original (ou la feuille de relevé) ayant servi à la saisie. La feuille de relevé, la photocopie de registre... doit comporter la référence du document original (ex: BMS 1756-1793 La Neuville 87).
Après saisie informatique (ou manuscrite) ajouter le numéro Sosa (voir "numérotation Sosa-Stradonitz") sur les feuilles de relevé.

La généalogie mène à tout

Une fois que la question "d'où viennent mes ancêtres" a trouvée une réponse satisfaisante, faute de pouvoir remonter plus loin dans le temps, le chercheur amateur se tourne parfois vers d'autres disciplines plus ou moins liées : l'histoire, les techniques anciennes, la sociologie, l'architecture, les voyages...
Histoire : c'est ce qui vient à l'idée le plus naturellement. On cherchera à savoir quel roi régnait à quel moment, à quel état appartenait le territoire considéré (dans les régions frontalières actuelles les réponses à ces questions ne sont pas toujours évidentes). L'exploitation de documents déposés par les communes peut susciter des vocations d'historiens locaux amateurs.
Techniques : Les professions citées dans les actes correspondent parfois à des métiers disparus ou régionaux (coquetier, marcaire, tissier de toile, cloutier...) qui interpellent le chercheur. De la simple définition du dictionnaire on peut aboutir à une étude complète sur une activité locale qui assura la prospérité d'un village pendant des années. La découverte d'un métier méconnu peut pousser à visiter un écomusée ou à rassembler une collection d'outils ou d'ouvrages traitant du sujet.
Sociologie : en suivant l'évolution d'une famille à travers les générations on peut être tenté de chercher les causes de l'évolution démographique et des migrations, d'étudier l'influence des épidémies, l'évolution des moeurs ou de la durée de vie...
Les voyages : un déplacement dans un dépôt d'archives départemental éloigné peut être le prétexte à un séjour touristique qui permettra de découvrir le décor dans lequel se sont développées les familles étudiées : visites de monuments, églises, musées, cimetières... Promenades et excursions dans les hameaux reculés...

Les associations

Il existe de nombreuses associations locales de généalogistes. Il est très rentable pour un débutant d'adhérer à l'une d'entre elles. Il y trouvera des gens dévoués et compétents qui lui donneront des conseils inestimables pour débuter et conduire ses recherches. La plupart des clubs organisent des conférences sur des sujets touchant à l'histoire ou à la généalogie : lecture de documents anciens, étude de l'origine des noms de famille, utilisation des logiciels, exploitation des archives notariales... C'est aussi un lieu de rencontres entre cousins souvent très éloignés mais prêts à partager les résultats de leur recherches. On y trouvera presque à coup sûr un spécialiste capable de déchiffrer la photocopie d'un acte illisible ou rédigé dans une autre langue que le français.