BOURG AU 19 ème siècle
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nota : les références entre ( ) se réfèrent au sources.

Les métiers

Dans le secteur de Belfort, en 1866, on dénombrait 2273 familles pour 9736 habitants ce qui permet d'évaluer à 4,3 personnes la famille moyenne. La population active représentait à cette époque 27% du total pour 45 % actuellement. Près de 60 % des métiers étaient en rapport direct avec l'agriculture mais on a vu que Bourg avait été un village de tisserands, principalement dans les années 1820-1840. Le développement du village est nettement marqué par celui de cette industrie et s'est effectué en plusieurs étapes :

- milieu XVIII° : développement de l'industrie textile à Mulhouse.

- 1798 : réunion de Mulhouse à la France : grand besoin de toile destinée à l'impression des "indiennes", les manufacturiers proposent aux paysans des vallées vosgiennes d'utiliser leur temps libre de la mauvaise saison à travailler pour eux (filage et tissage du coton sur des métiers à bras).

- début XIX° : les villages de la plaine sont sollicités, en particulier dans les zones ou la main d'oeuvre est bon marché. C'est la mode des tissus imprimés. Les tisserands se regroupent en ateliers.

- années 1820 : début de la mécanisation des métiers à tisser. Les nouvelles fabriques se développent autour des sources d'énergie : cours d'eau et machine à vapeur. Le développement s'accompagne d'une concentration de l'industrie et d'un déplacement de la main d'oeuvre.

- années 1830 : la mécanisation s'amplifie mais, en 1829, il n'y a encore qu'un métier mécanique pour 50 métiers à bras.

- à plusieurs reprises le siècle est traversé par des crises liées à l'approvisionnement du coton ou à la surproduction de toile (crise de 1847-1848, par exemple, ou contrecoup de la Guerre de Sécession vers 1865-1870)

- en 1858, seulement le quart des tisserands travaillent encore sur des métiers à bras. A ce moment, les ateliers de Bourg déclinent au rythme où les tissages mécaniques d'Anjoutey et des environs prospèrent.

Les registres de l'état-civil ont permis d'établir des diagrammes montrant l'évolution spectaculaire de la répartition des principales catégories professionnelles :

1840 : 154 habitants dont les actifs travaillent essentiellement dans le village. On note deux tailleurs de pierre qui pratiquent vraisemblablement leur art dans une carrière voisine.

1870 : 83 habitants. La population a diminué de 71 personnes et une vingtaine d'actifs travaillent dans les villages alentours (Anjoutey, Saint-Germain, Etueffont-Bas...). De nombreux tisserands ou tisserands-cultivateurs sont revenus à l'agriculture.

 

Qui se mariait avec qui vers 1860-1870 à Bourg ?

 Un  âge  de  épousait une  âge  de
 cultivateur   30  Bourg  ménagère  25 Anjoutey
 tisseur  39  Bourg  tisseuse  34  Bourg
 tisserand  21  Etueffont  tisseuse  17  Bourg
 cultivateur  28  Anjoutey  ménagère  29  Bourg
 cultivateur   32  Etueffont  ménagère  26 Bourg
 charpentier   22  Petitcroix  ouvrière  24  Bourg
 tisserand  38  Biesheim 68  ménagère 26  Bourg 
 tailleur d'habit  27  Bourg  ménagère  23  Bourg
 horloger  20  Bourg  horlogère  24  Maîche 25
 maçon  31  Bourg  ménagère  44 La Madeleine 

 

La production agricole au milieu du 19ème siècle

En 1838 le village compte 154 habitants, la superficie cultivée se décompose en :

Terres labourables : 24 ha 25 a 19 ca
Prés et vergers : 19 ha 87 a 82 ca

 plante cultivée  superficie cultivée  production/ha  production totale
   (hectare)  (hectolitre/ha)  (hectolitre)
 froment

 2

16

32
 méteil

5

25

125
seigle

1

16

16
orge

1

9

9
avoine

3

25

75
légumes secs

1

4

4
pommes de terre

11

100

1100
total

25
 

Le méteil est un mélange de seigle et de froment semés et récoltés ensembles. Le rendement à l'hectare est supérieur à celui de l'une ou de l'autre céréale comme on peut le constater dans le tableau ci-dessus. Il convient bien, ainsi que le seigle et l'avoine, au sol siliceux de Bourg.

Au 18ème siècle on rencontrait aussi l'épeautre, variété de blé dur s'accommodant de terres maigres et d'hivers longs et rudes.

En 1852 la répartition des surfaces est la suivante :
- chanvre 30 a
- pâture 2 ha 30a
- prairie naturelle 20 ha 7a
- prairie artificielle 1 ha
- vergers 3 ha 48
- jachères 6 ha 15
- étangs 10 a
- lande 13 a
- chemins 48 a