De la Trouée au Territoire de Belfort
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nota : les références entre ( ) se réfèrent au sources.

A la fin de la dernière glaciation, il y a 8 à 10000 ans, le paysage devait plutôt faire penser à la Sibérie actuelle. Plus tard, vers -4500 ans, l'homme néolithique est présent dans la région comme en attestent les vestiges découverts à la fin du siècle dernier dans la grotte funéraire de Cravanche (voir Musée Historique de Belfort).

La période gallo-romaine

Avant la conquête romaine, la partie Est du Territoire de Belfort faisait partie de la Rauracie, le pays des Rauraques, dont le siège était à Augusta-Rauracorum (Augst, prés de Bâle) puis à Bâle. Belfort et les autres localités (Giromagny, Chaux...) appartenaient à la Séquanie (5a11). En 58 avant JC, Arioviste et ses Germains qui dominaient notre région furent battus en un lieu que les historiens ne parviennent pas à situer, malgré la description qu'en fait Jules César dans ses "Commentaires sur la guerre des Gaules". Ce pourrait être d'ailleurs dans le secteur de Bourg-sous-Châtelet, Anjoutey ou St Germain. On peut rêver.
Sous la domination romaine, la Trouée de Belfort, lieu de passage entre le bassin du Rhône et la vallée du Rhin, est traversée par deux voies romaines importantes. La plus au sud passe par Mandeure, Delle, Florimont en direction du Rhin, tandis que la plus au nord (Langres-Strasbourg) serpente au pied des Vosges. Des chemins secondaires quadrillent l'actuel Territoire de Belfort et l'un deux relie Mandeure, Bavilliers, Belfort, Offemont, Les Errues et rejoint la voie Langres-Strasbourg vers Rougemont-le-Château ou Leval.

Le moyen-âge

Pendant la période des invasions (250-500) notre région vit passer beaucoup de monde : Francs, Vandales, Alamans, Burgondes... Le sud de l'Alsace, espace frontière entre les royaumes burgonde et alaman ne connut guère la tranquillité avant que Charlemagne ne restaure l'ordre qui avait disparu avec l'Empire Romain.
Les morcellements successifs de l'Empire de Charlemagne firent échoir notre région successivement à Lothaire, Lothaire II, Louis le Germanique (+876) et Charles le Gros. En 923, Henri l'Oiseleur, roi de Germanie reprend l'Alsace au Royaume de France.

La période autrichienne

Ce qui deviendra notre département est d'abord partagé entre le comté de Montbéliard et celui de Ferrette. Renaud de Bourgogne, comte de Montbéliard, chercha à préserver son indépendance vis à vis du Saint Empire, allant jusqu'à se rallier au roi de France, Philippe le Bel. Sa fille, Jeanne de Montbéliard, épousa Ulrich de Ferrette et la fille aînée de cette dernière, Jeannette de Ferrette, en se mariant avec l'Archiduc d'Autriche Albert I (comte de Habsbourg), apporta à la maison d'Autriche le domaine du Rosemont dont elle avait hérité.
En 1425, le servage a pratiquement disparu mais en tant que "Porte de Bourgogne" et terre autrichienne, le futur Territoire de Belfort eût encore à subir, au cours des 14ème et 15ème siècles, la peste de 1349, les méfaits des bandes de routiers (1365 à 1375) et d'écorcheurs (1439), des Bourguignons (1424 à 1431), Suisses (1468) et Armagnacs (1444-1445).
De 1469 à 1474, l'Alsace est provisoirement vendue à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.
La Guerre de Trente ans, qui dura ici de 1610 jusqu'au traité de Westphalie en 1648, fut une période de misère, de brigandage, d'épidémies (peste vers 1628) de mouvements de troupes diverses : Suédois, Français, Lorrains, Croates, Impériaux, Suédois de nouveau et enfin Français. Ces derniers n'en sont plus repartis.

Rattachement à la France

Louis XIV fit don du fief de Rosemont au comte de la Suze puis en 1659 au cardinal de Mazarin.
En 1792, lors de la confiscation des biens des émigrés, le propriétaire était Honoré-Maurice Grimaldi comte de Valentinois.
Le 18ème siècle vit la ville de Belfort se développer en tant que place militaire, et la construction de grands axes routiers et de chemins convergeant vers la ville. La ville était alors le chef-lieu d'un arrondissement du Haut-Rhin comprenant les villes de Cernay, Dannemarie, Masevaux, Saint-Amarin et Thann (5a17).
Les guerres napoléoniennes et les deux sièges de Belfort (1813-1814 et 1815) furent encore l'occasion pour la population d'assister à des défilés militaires qui annonçaient celui de 1870 dont la conséquence la plus importante pour la région fut l'institution du Territoire de Belfort qui ne devint département à part entière qu'en 1922.

Pour approfondir - Liste des sources -