Le forgeron d'Anergui
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Parmi les artisans qui exercent à Anergui, Mohamed le forgeron a un rôle indispensable. On lui amène les mulets à ferrer et il fabrique sur mesure tout un tas d'objets de la vie courante : charnière de placard, verrous, crochets, outils et les réparent quand ils ont souffert. Il travaille généralement dans son atelier aux Aït Khoya mais tient une permanence dans son échope au bourg, le jour du souk.

 
 Dans l'échope, un jour de souk    Fabrication d'une paire de ciseaux pour la tonte


Pendant le trajet Tamga-Anergui la semelle de mes chaussures de sécurité n'a pas résisté aux cailloux pointus du chemin surchauffés par le soleil. On voyait la tôle qui renforce la semelle. Mohamed, consulté, nous a donné rendez-vous dans son atelier. Il avait acheté une pincée de petites pointes et retrouvé une vieille semelle en caoutchouc dans son bric-à-brac.
Quand il eut examiné attentivement la tôle de protection visible par le trou de la semelle il déclara qu'il n'avait jamais vu pareille chaussure auparavant. Par l'intermédiaire de notre interprète je lui expliquai que c'était des chaussures spéciales qui permettent, dans les usines, de marcher sur des clous sans se blesser. Sa réponse à l'interprète fut d'une logique évidente :
"Mais pourquoi il a mis des chaussures comme ça, y a pas de clous dans la montagne !"
On voit ici Mohamed parachever son travail en arasant le morceau de semelle rapportée. La chaussure m'a suivi jusqu'au retour à la maison.

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