Au Maroc, Anergui
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Aller à Anergui était le principal but de notre voyage. Depuis que José nous en parlait, c'était devenu plus que de la curiosité. Et les photos qu'il nous avait montrées nous poussaient à aller voir sur place. En fait la réalité a dépassé en intérêt ce que nous avions imaginé.
La population d'Anergui (15000 habitants ?) se répartit sur un large territoire. Le bourg en contient peut-être un millier et le reste se répartit dans les hameaux et les fermes isolées. De ces hameaux nous avons vu les Aït Aïssa et les Aït Khoya (prononcer Roya) qui abritaient chacun quelques centaines d'habitants. Les gens vivent principalement de l'agriculture et de l'élevage. Les artisans (potier, forgeron, sculpteur sur bois...) fabriquent encore la plupart des objets traditionnels mais l'importation de produits manufacturés pas chers leur fait une grave concurrence. Maintenant que la vallée est ouverte à la circulation des 4x4 le prix des marchandises importées a baissé et les règles de l'économie locale sont bouleversées. En contrepartie l'arrivée des touristes va apporter des dirhams, ce qui développera d'autres activités (hébergement, restauration, guides, visites...) mais on peut craindre que la répartition de cette manne n'accentue encore les différences de niveau de vie.
 
 Anergui est la tache grise au centre inférieur de la photo. Les sommets sont à 3200 mètres    La vallée de l'Asif Melloul se poursuit à droite vers Imilchil


Nous avons abordé Anergui par les hauteurs. Le sentier court le long de la falaise et c'est à un détour que l'on découvre brusquement l'immense cuvette au fond de laquelle se recroqueville le village. L'Asif Melloul traverse le village et permet l'irrigation d'une bande étroite de jardins. A l'hivernage et lors des fortes précipitations, il est alimenté par des oueds qui se transforment en torrents et déposent au fond de la vallée des tonnes d'alluvions (zone grise sur la photo). Pendant les inondations le village est coupé en deux et les communications entre les hameaux sont perturbées.
Au centre de la photo est la place du souk. Le centre administratif est sur la hauteur à gauche. Le gîte whihalane est situé en bas à gauche de la photo, caché par le relief.
 
 Le centre d'Anergui    Le centre du bourg, vue de l'autre côté de l'asif

Le jeudi est jour du souk, ce n'est pas un jour comme les autres et la vie de la semaine est organisée en fonction du jeudi. C'est l'occasion de se procurer des denrées que les rares commerces locaux ne tiennent pas en stock. Besoin d'une nouvelle paire de chaussures ? Récupérer le courrier ? Rencontrer un cousin qui descend de la montagne ? Apprendre les dernières nouvelles ? Transmettre une commission ? Acheter des fruits frais ? Vendre une brebis ? On verra ça le jour du souk.

 
 La rue principale    Le jour du souk les commerçants s'installent aussi dans les rues secondaires

Sans électricité (à part les rares panneaux photovoltaïques) impossible d'avoir un réfrigérateur, donc de conserver de la viande. Le rythme de la semaine, comme la composition des repas, dépend étroitement du jour de la semaine. Conséquence pour les voyageurs : pas de possibilité de recharger les batteries de camescopes ou de téléphone portable qui de toute façon serait pratiquement inutile.

Un séjour d'une ou deux semaines à Anergui est une excellente façon de découvrir les Berbères de la montagne. Les possibilités de randonnées sont innombrables et de diverses difficultés. On peut se passer de guide mais il sera d'un précieux secours en cas de problème ou pour se faire expliquer la vie des gens. Si possible on en choisira un qui parle français et qui soit du village, il pourra faire rencontrer ses visiteurs avec les gens qui lui sont familiers et les découvertes seront très enrichissantes. Le salaire journalier d'un guide est de l'ordre de 100 DH.

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