Sur les crêtes dans le Haut-Atlas
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Si l'on se contente de ramper au fond des gorges on passe à côté de l'essentiel, à plus forte raison si on cahote en 4x4 sur la piste poussiéreuse. D'en bas on ne voit que le bas, d'en haut on voit le haut et le bas. Le sentier, ou plutôt les sentiers, serpente le long de la pente en contournant les éperons et les ravins. L'Asif Melloul coule sept cents mètres plus bas, on le devine à peine entre les lauriers roses. La montagne semble déserte comme un tas de cailloux stérile et pourtant si on lève les yeux on peut identifier des taches vertes ou blondes sur les zones moins escarpées de l'autre versant : des champs. Et en regardant plus attentivement on distingue la maison ou la bergerie. La confirmation vient avec la nuit, quand des lumignons s'allument ici et là sur les versants dans l'ombre en même temps que les étoiles du ciel. La montagne n'est déserte que pour ceux qui ne la regardent pas. Les maisons ne se cachent pas mais c'est souvent quand le chien aboie qu'on s'aperçoit de leur présence. Nos muletiers nous apprennent à lire le paysage, à voir une ferme, un animal ou un nid d'abeilles sauvages, à trouver une source d'eau potable dans un buisson.

 
 Sur l'autre versant : des champs cultivés    Une maison et des jardins
 
 Ce petit berger glane tout ce qui peut servir, ici un reste de paille.    Sous la corniche, des grottes-abris de bergers

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