Conduire sur les routes et les pistes islandaises
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Les quelques impressions et renseignements qui suivent ont été recueillis en juillet 2014.


Véhicule

Nous avons loué un petit 4x4 Suzuki "Jimmy", largement suffisant pour deux avec les bagages ou pour quatre personnes sans bagages. Grâce à lui nous sommes allés partout où nous avons voulu, sans toutefois prendre de risques. Sans lui nous aurions raté 75% des plus beaux coins que nous avons traversés, en particulier le Landmannalaugar ou la traversée du désert central par la piste F26.
La location chez Budget n'a posé aucun problème. Après avoir lu les pires avertissements sur les loueurs islandais dans les forums (souvent par des gens qui ne sont pas allés là-bas...) nous avions passé le véhicule à la loupe au moment de la prise en charge. La personne à l'agence ne s'est même pas déplacée pour faire le constat avec nous et a rajouté sans poser de questions tous les petits points qui ne figurait pas au départ sur le document. Lors de la restitution du véhicule (que nous avions sommairement lavé dans un centre commercial de Keflavik sur le chemin de l'aéroport) le préposé à la réception a daigné à peine jeter un coup d'oeil sur la voiture et a validé sans réserve la restitution.

Carburant

Ce n'est pas un problème à condition de prévoir. La distance (ou plutôt la quantité consommée car la consommation moyenne peut être plus élevée du fait de la vitesse faible et de l'état de la route) peut être grande entre deux pompes. Il vaut mieux refaire le plein quand on arrive à 30% du réservoir. Les stations peuvent être situées dans des centres commerciaux, en rase-campagne au bord d'une grande route mais on peut aussi trouver un dépôt de carburant chez un artisan ou un petit commerce dans un hameau isolé.
Prix du SP95 en 2014 : 247 ISK/l (1,58€/l), à peine plus cher qu'en France à la même époque.


Conduire sur la piste

Pas de problème particulier quand on a un peu l'habitude de conduire en France sur des chemins non goudronnés, même avec un véhicule de tourisme. On adaptera simplement sa vitesse à l'état de la piste en anticipant au maximum :
- les nids de poule qui parfois pourraient abriter une basse-cour complète
- les virages sans visibilité où l'on risque de se retrouver nez-à-nez avec un autre véhicule, un cycliste ou un animal
- les sommets de côtes pour les mêmes raisons
- les torrents et les mares dans les petits vallons
- les rochers qui ont roulé au milieu de la route
- les bifurcations inattendues souvent mal indiquées où l'on risque de se fourvoyer.
- les changements de revêtement qui peuvent surprendre (secteur ressemblant au ballast d'une voie de chemin de fer, passage de "tôle ondulée"...)

Les étapes (en dehors du tour de l'île par la route circulaire) sont relativement courtes car la vitesse moyenne est faible, surtout si on s'arrête tous les trois kilomètres pour admirer le paysage, faire une petite randonnée ou prendre une photo de la végétation. La vitesse instantanée sur piste peut aller de 10 à 80km/h. On laissera passer aimablement les véhicules plus rapides en essayant ensuite de les suivre et de se baser sur leurs réactions pour anticiper les difficultés de la route.

Ci-contre : piste F26 en 65.178 , -17.469 vue vers le sud (le Vatnajökull à l'horizon est à 50km environ). Le revêtement est bon mais se dégrade dans la descente. Les rives sont impraticables mais la largeur de la piste permet de se croiser dans trop de difficultés. On aperçoit une grande mare au bas de la côte et les nuages de poussière signalent deux voitures. On ralentira en rétrogradant et on serrera à droite au cas où un véhicule se présenterait en face.


Exemples de revêtements

Sur piste la vitesse est généralement limitée à 80km/h mais l'état du revêtement (si on peut appeler "revêtement" un état de suface la plupart du temps naturel) oblige parfois à ne pas dépasser 20km/h. L'exception est la "tôle ondulée" qui, à vitesse faible (vers 25km/h par exemple), met à rude épreuve la suspension du véhicule et la carcasse de ses passagers. En ligne droite on pourra tenter de rouler plus vite (50km/h par exemple) pour dépasser la fréquence de résonance du système de suspension. Mais il ne s'agira pas de freiner brusquement ou de faire un écart brusque.
     
 Bon. Possibilité de serrer sur les bas-côtés    "Tôle ondulée". Pour limiter les vibrations essayer de se décentrer et d'accélérer pour trouver la bonne vitesse.    Bon. Piste étroite et talus rendant délicats les croisements.    Nombreux nids de poules obligeant à réduire fortement la vitesse.



Passage de gués

On s'en fait une montagne quand on lit les forums mais en général les difficultés sont mineures car en été et sur les pistes les plus fréquentées le niveau de l'eau est faible.
Les deux principaux risques sont :
- noyer le moteur, le plus gros problème.
- "s'embourber" dans des galets, ce qui peut arriver en abordant la rive opposée au cours d'eau. Un 4x4 plus puissant et possédant une corde devrait pouvoir aider à se sortir du mauvais pas.
Mais le plus simple est d'observer la situation, puis de réfléchir et enfin de prendre une décision avec détermination.
Observer :
- le débit d'eau en amont ou en aval
- les vaguelettes à la surface de l'eau
- les traces des autres véhicules
- le comportement des autres véhicules : hauteur de l'eau par rapport aux roues, inclinaison du véhicule, pentes pour entrer et sortir de l'eau...
Exemple :

Voilà un gué qui mérite d'être observé avec attention avant de déterminer la tactique pour le traverser.
Cette rivière qui coule (dans le sens de la flèche) dans un lit assez étroit aux rives plutôt escarpées (la photo ne rend pas bien le relief) verra sa profondeur quasi doubler si le débit double, suite à un orage en amont, par exemple..
A le flux s'écoule sur des galets, on voit que le débit est faible puisque le moindre galet provoque une vaguelette.
B est une sorte de digue formée de galets qui ont été entraînés par le courant lors du passage de gros véhicules.
E est l'endroit le plus profond et où il y a le moins de courant, la surface de l'eau est plus lisse, le fond est formé d'une couche de galets plus ou moins épaisse.
En C le fond est un peu incliné, il y a moins d'eau mais on se trouve en présence d'une grande épaisseur de galets dans lesquelles les roues risquent de s'enfoncer.
En F, même chose qu'en C mais la couche de galets sera plus mince et par conséquent plus stable.
D est une sorte de talus qu'il faudra grimper en sortant. Le sol y est ferme et en y allant carrément avec les 4 roues motrices il ne devrait pas y avoir de problème.
Comme il est interdit (et peu sûr) de rouler en G, on entrera dans le gué pour passer en F après avoir enclenché la 1ère et lancé le moteur.

Cartes

Les cartes sur papier que nous avons utilisées :
a) Iceland Illustrated Map
- donnée par l'agence de voyage en France, donc gratuite
- pas si mauvaise que cela car elle représente le relief et les cours d'eau
- comporte les plans de Rekjavik et de Akureyri au milieu d'un tas de publicités (qui peuvent donner des idées)
b) Iceland Road Guide
- donnée par l'agence Avis-Budget de Reykjavik, donc gratuite pour ceux qui louent un véhicule
- très lisible pour ce qui est des routes et des noms de lieux, montre les gués à traverser
- comporte une foule d'indications pratiques sous la formes de symboles (hébergement, stations d'essence, musées...)
c) IGN Islande 1/750000
- pas gratuite
- difficile à lire car elle comporte plus d'infos que les deux autres (en particulier les gués) et son échelle est plus petite (une loupe peut être très utile)
- plus précise et plus riche que les deux autres

Conclusion :
- ces trois cartes sont complémentaires mais nous avons surtout utilisé la carte de l'IGN.
- les pistes ne sont pas toutes numérotées de la même façon (surtout les moins fréquentées)
- le réseau routier d'Islande évolue, les cartes se périment très vite. Des gués sont remplacés par des ponts, des pistes sont asphaltées, d'autres disparaissent sous les coulées de lave our de boue...

Signalisation

Les panneaux, différents de ceux rencontrés en France ou en Belgique, sont parfois un peu mystérieux, d'autant plus que le vocabulaire islandais n'est pas évident pour nous. On aura intérêt à les étudier avant de partir.
Sur les pistes, les panneaux sont rares et ceux de direction sont souvent manquants. La carte, une boussole, un GPS sont des outils très utiles.

 
 Sur la F235, loin de tout, cette carte à grande échelle est très pratique.    Route barrée en direction de l'Askja



Liens

Page perso très intéressante et complète : Conduire en Islande . Informations très judicieuses et toujours d'actualité en 2014
Carte de l'état des routes d'Islande
Localisation des dizaines de webcams montrant les routes.
Conditions de circulation et trafic par portion de route, carte régionale.