Pourquoi et comment Belfort se maquille
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  Quand je suis arrivé à Belfort en 71, les murs étaient couleur de muraille et la muraille couleur de grisaille ; les rares façades ravalées arboraient fièrement des teintes pastel uniformes "blanc cassé". Pourtant les façades colorées ne devaient pas être rares dans la région autrefois car on rencontre encore des bâtiments en ruine aux teintes grenat, rose ou vert bouteille. Mais Belfort n'était pas plus triste que Montbéliard ou Mulhouse, malgré ses usines et ses casernes.

  Le changement a été politique, il a été décidé en 1986 par le conseil municipal, sur proposition de l'actuel architecte de la Ville qui en a défini les principes et les règles. En voici un résumé :
- Pas de blanc, ni de gris (!) ou de beige sur des grandes surfaces peintes.
- Décapages des pierres de tailles : encadrements de fenêtres, corniches, sculptures...
- Couleurs dominantes différentes pour deux bâtiments voisins.
- Mise en valeur du relief à l'aide de la couleur : couleurs vives et audacieuses sur les détails et petites surfaces.
- Harmonisation et choix des couleurs différentes pour chacun des composants de la façade. Pas de camaïeu.
- Dialogue entre l'architecte de la Ville et les propriétaires tenant compte des goûts de ceux-ci.
- Subvention couvrant partiellement les frais de ravalement pour compenser les contraintes.

  Aujourd'hui les casernes ont quasiment disparues et les usines se font plus discrètes. Il n'y a pas plus de soleil dans le ciel qu'en 1971 mais, par temps pluvieux, les visiteurs se laissent souvent duper par la chaleur rayonnées par les façades multicolores.


Pour en savoir plus lire l'article de Robert GIRONDE, l'architecte de la Ville, dans le numéro de février 1995 du magazine "Génie urbain" .