La filière bois en Colombie Britannique
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Je ne vais pas vous faire un topo sur ce qui constitue une des activités importantes du Canada mais raconter simplement ce que nous avons aperçu et appris lors de notre voyage.


La forêt

En Colombie Britannique elle est omniprésente, ce qui n'est pas étonnant quand on sait que plus de 50 % des terres sont couverts par la forêt, le reste étant constitué en grande partie par les montagnes et les lacs...
Lorsque l'on examine une carte en voyageant on est toujours étonné de trouver de grosses taches jaunes ou vertes représentant les parcs régionaux et nationaux, comme si la Colombie Britannique n'était pas elle-même un immense parc naturel !
Autre constatation : souvent, les zones comme celle de la photo ne sont pas plates comme des plaines d'alluvions et ressemblent plus à un terrain militaire labouré par les obus.
En général, sous les latitudes que nous avons parcourues, la très grande majorité des arbres sont des résineux beaucoup plus variés que ce que l'on trouve en France. Les feuillus sont rares.
Par endroit la forêt est malade : les arbres sèchent sur place sur des dizaines de km². Il paraît que ce fléau est dû à une larve qui ronge les arbres. Il ne semble pas exister de solution miracle.
Quand on voit la quantité énorme de produits de la filière bois exportés par le Canada on peut s'inquiéter pour la forêt canadienne. Mais c'est oublier que le bois est une ressource renouvelable, que la partie exploitée est minime et surtout que les Canadiens sont des experts dans ce domaine et dans celui de l'environnement.
Très souvent c'est la forêt naturelle que l'on observe, celle que l'homme n'a pas encore exploitée, et c'est ce qui confère ce caractère original au paysage canadien, avec des sapins qui descendent dans les rivières et lacs ou qui s'accrochent dans des fissures au plus haut des montagnes.

Les camions

En tant que voyageur on observe sans toujours comprendre. Je ne raconte ici que ce que j'ai vu.
D'abord, des gros camions d'une longueur surprenante. Ils chargent en forêt et livrent dans les scieries. On les croisent avec prudence sur les petites routes non goudronnées, on tient compte de leur longueur avant d'envisager de les dépasser et on anticipe la lenteur de leurs manoeuvres lorsqu'ils traversent ou tournent d'une route transversale..
 
 A vide, ces camions transportent parfois leur remorque repliée sur leur dos.    L'aire de stockage des troncs pour la scierie est un enclos sur le lac. La manutention est facile et le bois ne se dessèche pas.
 
 Une grue fait basculer le fagot de troncs dans le lac    Un petit bateau pousse les fagots pour les ranger ou les rapprocher de l'entrée de la scierie

La transformation du bois

Apparemment les trois produits les plus visibles de la transformation du bois sont les bois d'oeuvre (planches, madriers...), les copeaux pour la fabrication de la pâte à papier et les rondins pour la construction de maisons.
Par rapport à celles que j'avais visitées en Europe, les scieries canadiennes sont de véritables usines utilisant du gros matériel et faisant appel à l'automatisation.
La photo ci-contre montre un chantier de préfabrication de bâtiments traditionnels en rondins. Voir l'écomusée de Barkerville

La pâte à papier

Les bois non utilisables pour la construction sont réduits en copeaux pour la fabrication de pâte à papier (paper pulp). Les copeaux provenant d'arbres ayant poussé lentement serviront à faire de la pâte de premier choix pour la fabrication de papier de luxe et papier pour reprographie, imprimantes... Ils sont acheminés par trains entiers depuis les scieries. Dans l'usine de fabrication de pâte, les déchets et poussières provenant du nettoyage de la matière première sont brûlées dans des chaudières qui produit la vapeur nécessaire à la fabrication. Un grande quantité d'eau est nécessaire au traitement de la pâte, ce qui explique que les usines de pâte soient installées tout près des grandes rivières.
Le processus de fabrication de la pâte est relativement simple :
- Séparation des fibres dans un "digester", énorme cylindre vertical.
- Blanchiement et rinçage de la pâte.
- Fabrication d'un film de quelques mm d'épaisseur et ressemblant à du carton-buvard très blanc.
- Découpe en panneaux d'environ un demi mètre-carré et mise en paquets.
Les paquets sont chargés dans des trains et exportés vers les papeteries proprement dites (en Europe, Asie...).

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