Neuvième jour : de Terrace à Stewart
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Le choix de monter jusqu'à Stewart a été motivé en grande partie parce que cette petite ville est à la frontière entre Alaska et Canada. Si l'Alaska nous fait encore un peu rêver, c'est un mythe pour chaque Américain. Un couple venant de Louisiane nous a confirmé que, pour eux, l'Alaska est à peu près tout ce qui symbolise encore l'aventure et la conquête de l'ouest.



Sur la route du Nord

Après avoir fait le plein à Kitwanga, nous prenons le Highway 37 vers le nord. C'est la route du Yukon (à 730 km), celle des gros camping-car immatriculés aux USA. A Meziadin Junction, 120 km plus loin, nous bifurquons à gauche pour prendre la route 37a.
Entre Meziadin et Stewart, le paysage change. Nous retrouvons des sommets à plus de 3000 m d'où descendent des glaciers, jusqu'au niveau de la route.

Stewart

Jolie petite ville quadrillée par des rues bordées de petites maisons en bois, plutôt bien entretenues. Stewart est situé à l'extrémité du canal de Portland, un fjord étroit de plus de 150 km de long. La marée se fait sentir jusque là. La capacité d'hébergement de Stewart est limitée, on aura intérêt à réserver avant d'arriver.
 
 La petite église catholique est à côté de la caserne des pompiers    Stewart est au bout du canal de Portland

Hyder, Alaska

La route 37a traverse Stewart. A 3 km de la sortie du village, sans prévenir, le macadam disparaît et on se retrouve dans une espèce de rue aux constructions délabrées. Une pancarte délavée indique "bienvenue à Hyder, la ville fantôme la plus amicale de l'ouest" ou quelque chose d'équivalent. La surprise est totale : c'est ça Hyder, on est vraiment en Alaska ? Pas de douane ni de poste frontière pour rentrer dans ce petit morceau d'USA perdu (mais il y en a une pour revenir au Canada, n'oubliez pas d'emporter votre passeport). Une impression de pauvreté se dégage, les façades sont défraîchies (dans le meilleur des cas), des épaves de voitures achèvent de rouiller à côté des maisons, un commerce miteux annonce des prix détaxés, plus loin une dizaine de caravanes et de camping-car sont alignés sur une sorte de terrain vague... Une constante : des petits drapeaux américains flottent partout. On ne s'y sent pas trop à l'aise mais le lieu vaut le coup d'être vu.


La passerelle aux ours

Le gros ruisseau qui traverse Hyder est d'une clarté remarquable. Nous verrons plus loin le glacier qui lui donne naissance. Les saumons la remontent pour s'y reproduire et les ours, amateurs de saumons viennent y pêcher à l'aube et au crépuscule. Pour permettre l'observation des ours en toute sécurité, une solide passerelle a été installée. Deux gardes forestiers américains sont là pour assurer la sécurité des visiteurs. Ils tiennent un registre dans lequel ils consignent leurs observations quotidiennes et notent, heure par heure, non seulement le nombre d'ours mais aussi le nombre de touristes. Avant de monter voir le glacier, j'ai jeté un oeil sur les pages des jours précédents dans le registre : habituellement, les ours viennent juste avant la tombée de la nuit ou au lever du soleil. Pendant la journée, ce n'est pas la peine d'attendre. Au moment où nous étions là, en juillet, il était fréquent de voir le soir un ours brun (grizzly) ou un ours noir (black bear), parfois les deux. Les visiteurs initiés apportent un livre et un chapeau-moustiquaire. Nous sommes arrivés un peu trop tard (pour l'ours noir qui se promenait sur le talus) et sommes partis un peu trop tôt pour le grizzly qui est venu pêcher un superbe saumon.

Le glacier

Sur les montagnes, les glaciers sont innombrables. Mais la rareté des routes ne permet guère de les approcher et encore moins de les surplomber. C'est pourquoi nous n'avons pas hésité à faire 80 km aller-retour pour voir le Salmon Glacier de tout près. Comme le chemin est peu entretenu et parfois étroit, on ne dépassera guère le 30 km/h. La promenade vaut le déplacement, les paysages sont grandioses et l'observation de la faune (canards, ours, marmotte, aigle à tête blanche...) est relativement facile. Tout au long de la route, on découvre des fleurs que l'on n'avait pas eu l'occasion de voir auparavant. Les chutes d'eau sont nombreuses et chaque photo pourrait être éditée en carte postale.
 

Comme nous avions réservé notre chambre (chez Kathi) depuis Terrace, nous n'avons pas eu de souci.

Dixième jour : de Stewart à Quesnel